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4 septembre, 2009

Posté par slmh dans : POLITIQUE , trackback

                                                        DE(BAC)LE

 

Catastrophe, surprenant, indignant, décevant…. On pouvait lire sur les premières pages des journaux ivoiriens du mercredi 29 juillet 2009. Pour ceux qui ne l’auront pas compris c’est l’ouverture de la quinzaine de  la fausse indignation en cote d’ivoire (on le fera peut être pendant une semaine: activité électorale y oblige). Cette fois ci la cause du réveil des médecins post- mortem et des ouvriers de la 25 eme heure : c’est les résultats du baccalauréat  session 2008-2009, ou du moins les résultats de la débâcle au baccalauréat. Autant que nous sommes : journalistes, syndicalistes, parents d’élèves, professeurs, intellectuels de salon et peut être même l’auteur de cette modeste contribution dans le balle des papelards, nous faisons mines d’être ébaubis.  Plus je prends acte de cette tartufferie d’intellectuels, plus me viens à l’esprit cette belle pensée de BOSSUET ‘’ Dieu se rit des personnes qui pleurent les effets dont elles chérissent les causes’’. Permettez-moi tout de même chers lecteurs de réagir à cette claque qui nous a été donne par les résultats de la débâcle.

Les résultats de la débâcle sont donc tombés : 80% d’échec, 13% pour la série D (elle est la série ayant présentée plus de candidats), Séguéla 5%(dernier de toute la code d’ivoire)…. Bref les résultats on été très mauvais, le dire de cette manière est un  euphémisme. Surement les plus mauvais résultats de ces dix dernières années, peut être de toute l’histoire de la cote d’ivoire. Au risque de choquer certains, mes premiers mots seront d’abord à l’égard des étudiants ivoiriens : félicitations donc Messieurs et mesdemoiselles les étudiants pour  ‘’ce gros20% ‘’  qui représente ’’ beaucoup’’ (ironie mise à  part),  à plus bas résultat nous nous attendions à vrai dire,  vu que tout les ingrédients pour un échec collectif et durable étaient réunis. Avant d’y arriver arrêtons juste quelques secondes sur le vocable  suivant, résultat : C’est ce qui résulte d’un fait, d’une action. Dans la sphère scolaire ou estudiantine  il  peut être perçu comme l’échec ou la réussite que nous pouvons croiser aux examens selon que nous les ayons bien ou mal préparés. Donc la première et logique  question sera : avons-nous bien préparés nos examens ? Nos étudiants étaient t’ils en d’autres termes prêts pour affronter ces examens  ouvrant la porte aux études supérieures ? Par l’affirmative nous ne pourrons répondre à moins que de folie nous ne soyons  atteint. Les raisons de ces résultats catastrophiques pourraient faire  l’objet de tout une encyclopédie tellement elles sont patentes et nombreuses, je n’en citerai pour ma part que quelques unes.                                                                                                                                                                                                               Année scolaire vous avez dit ? Que pouvions nous réellement espérer de nos ‘’pauvres’’ étudiants, lorsque des neuf mois sensés constituer une année scolaire ils n’en font que la moitié pour les plus chanceux ? En cote d’ivoire nos travailleurs ont le chic des grèves longues et souvent inutiles (héritage français je pense), et cette année scolaire à été jalonnée  par de nombreuses manifestations du corps professoral pour l’obtention d’avantages salariaux. Ces manifestations étaient marquées par des interruptions de cours pendant des périodes allant d’une à deux semaines voir même plus. A ces manifestations ajoutons les quelques sots d’humeur de la fesci et des étudiants eux même à l’approche des congés de fin d’année, en plus des interruptions des cours pour ‘’la grande cause patriotique’’… Déjà qu’achever les cours en période normale était fait rare et demandaient un effort herculéen de la part de nos professeurs ; alors réfléchissons un peu à ce qu’a été cette année scolaire, qui n’en a pas été une en réalité. Cette année les étudiants ivoiriens ne sont tout simplement pas allés à l’école.    

De la banalisation de l’école : l’une des non moins importantes caractéristiques de l’école et des études en général est qu’elle est perçue par beaucoup d’étudiants  comme un puissant moyen d’ascension sociale, en d’autres termes les étudiants sont enclins à  aller à l’école quand ils sont convaincus que pour ‘’réussir’’ (comme on le dit dans le vulgo ivoirien) ils sont obligés d’y aller.  Combien d’entre nous peuvent se venter d’avoir eu des frères ou amis ayant ‘’réussi’’ après avoir obtenu le bac, fait  des études  supérieures à l’université  ou autres grandes écoles (boutiques) ? Si oui combien sont-ils ? Bien au contraire depuis quelques années le message que notre société envoie aux étudiants c’est que nos diplômes ne peuvent nous servir qu’à la gestion des cabines téléphoniques, devenir orateur a la ‘’Sorbonne’’, vendeur de CD piratés, disc jockey… Quel crédit voulons nous donc que nos plus jeunes accordent à leurs études ou à leurs écoles quand ils passent toute leur adolescence à coté de ces grands frères maitrisards, licencies qui n’ont ni emploi ni situation enviables. De notre école, ils retiennent donc : qu’elle ne sert plus à rien, puisqu’elle n’offre comme débouché que des pseudos emplois  ou même pas d’emploi. Exception faite bien sûre à ceux ou celles d’entre eux qui même sans diplômes ont ‘’le bras long’’  ou de belle paire de fesse. Halte donc aux ‘’manchots’’ et autres’’ socio-handicapés’’ du système.          La conséquence devient ceci : les étudiants en grande majorité ont tout simplement perdus confiance en tout un système et ils  vont à l’école soit sur pression des parents (pour ceux sur qui les parents ont encore un ascendant), ou pour y apprendre autres choses que des cours (suivez donc mon encre). La relation élève- école est  donc devenue soit un ‘’mariage forcé’’ ou sans cause qualitative. Quand il en est ainsi, il est pavlovien de bien évidement se retourner vers une énième solution pouvant nous assurer ce qu’ailleurs, nous espérions avoir.

Nouvelle école et ‘’valeur’’  ivoirienne : lorsqu’ on a des élèves qui ne vont pas continuellement à l’école, qui n’ont plus aucune confiance en cette école du moins comme ascenseur sociale et qui de surcroit aspirent à ‘’réussir’’. Le pire qui puisse arriver c’est de laisser libre cour au règne de l’indiscipline, médiocrité, la facilité. Et au risque d’heurter le ‘’patriotisme’’ de certains il apparait clairement que le peuple ivoirien est l’un des plus indiscipliné, cupide… de l’Afrique de l’ouest sinon de l’Afrique (la guerre y est pour beaucoup), et le plus grave est que cet état de fait ne semble choquer personne (mon point de vue a cet sujet est que cet état de fait est volontairement  entretenue par une certaine classe politique ivoirienne).  Pour revenir donc aux étudiants ivoiriens : ceux-ci n’ont plus qu’à se tourner vers les succédanés que nous offrent la télévision et la société.Ces succédanés ne sont rien d’autres que les contres exemples tels WATTAO, les ministres filous, AL MOUSTAPHA…  nos nouveaux héros cathodiques, ou des piètres ‘’artistes’’  qui en plus de distiller ce mauvais art que BAUDELAIRE nommerai ‘’ produits avariés d’un siècle vaurien’’ sont reconnus par tous comme des cyber-pirates. Les archétypes  dans nos cités et nos quartiers plutôt que d’être des personnes exemplaires sont donc des voleurs, des jeunes filles  qui ne doivent leur réussite qu’a la proportion de leurs fesses et seins, les ministres voleurs… D’où le fait que les jeunes élèves laissent les salles de classes pour des cybers, maquis, ou pour aller se ‘’chercher’’,   et dans ce désordre ceux qui ont la malchance de vouloir garder la tête haute sont plutôt ringardiser. A quoi devons nous nous attendre quand notre société à transhumer du règne d’Athéna à celui de Bacchus Ploutos et hermès… ?     Les étudiants ivoiriens n’ont  plus de repères, la société ivoirienne dans laquelle ils vivent est atteinte d’anomie, pour les plus sceptiques il n’y a qu’a se fier aux nombres de vidéos ou scandales à caractère pornographique qui ont circulés en moins d’un an sur la cote d’ivoire et les timides réactions qu’ils ont suscités pour comprendre que les ivoiriens ont finir par s’accommoder à l’anormal ou plutôt à la nouvel norme.  A moins d’avoir la chance d’étudier à l’extérieur comme en rêvent de nombreux étudiants qui croient encore à l’école ; étudier en cote d’ivoire semble ne plus avoir grand avantage.

Des 5% de Séguéla : le nord autrefois partie de la cote d’ivoire qui réalisait de bon résultat au baccalauréat est aujourd’hui la région qui a le plus faible résultat au bac. C’est à la ville de Séguéla  qui ‘’ décroche la timbale’’, elle est dernière de toute la cote d’ivoire. Pour ma part j’espère que ces résultats donneront matières à réfléchir aux thuriféraires  de la rébellion qui à fait reculer le nord de plusieurs décennies. Cette rébellion qui a transformée nombreux de nos brillants étudiants en guérilléro, garde de poste, vendeur de carburant… Pendant qu’au sud ce qu’il reste des étudiants ivoiriens partait à l’école, nombreux de nos frères étaient  du fait de la guerre à la maison, soit au front … bref ils ne faisaient rien qui puissent permettre de réaliser de bons résultats. Et  lorsque le vent de la fausse ‘’réconciliation’’ à sonner des intellectuels ont jugés utiles que ces étudiants (leurs enfants sont surement dans de grandes universités ailleurs) devaient repartir à l’école sans même tenir compte de toutes les lacunes accumulées, le résultat quelques années plutard c’est 5% au bac. Peut-il avoir surprise en la matière ?  Prenant acte de cette causalisation somme toute non exhaustive de notre échec, arrêtons de faire mine d’éberlué et essayons donc de trouver des solutions.

Pour éviter les 2 ou 1% dans les années à venir : bien que notre pays traverse un moment assez difficile aujourd’hui, il dispose d’assez de moyens pour pouvoir sortir son école et son système éducatif du marasme dans lequel il est.                                                                    

Mettons l’école au dessus de nos appartenances politiques : l’école est et doit demeurée républicaine, elle doit donc être mise ‘’hors champ’’ des batailles politiques. Les étudiants et élèves doivent cesser d’être des instruments au service des ambitions de nos politiciens. Tous ces syndicats de professeurs et instituteurs et étudiants inféodés aux partis politiques doivent donc au nom de l’intérêt national cessé ces grèves (ce n’est point une renonciation au droit constitutionnel de grève) n’ayant pour but qu’empêcher la gouvernance de tenants du pouvoir(le fpi est à mon avis le précurseur de ce genre de pratique) en comprenant une bonne fois pour toute que les perdants sont les étudiants : c’est-à-dire la future classe dirigeante, donc le pays tout entier et non les politiques.                                                                       

L’école priorité nationale : puisque à l’heure des campagnes électorale nous sommes, il ne sera pas inopportun d’exiger de nos candidats qu’ils fassent de l’école une priorité nationale. A cette impression de débudgétisation de l’école que nous avons, doivent être substituée une surbudgétisation de l’école, si à une certaine époque de notre histoire l’état allouait plus de 40% du budget au système éducatif ; alors rien n’empêche qu’on le refasse aujourd’hui,  la nécessité de le faire est même capitale. Qu’on ne sorte surtout pas la fameuse argutie des ‘’caisses vides’’ ou du ‘’fait de la guerre’’, ce n’est que fumisterie et nous ne l’ignorons point. Lançons nous dans la construisons donc des nouvelles universites, des écoles d’ingénieurs, dotons nous de laboratoires… à la place de ces vétustes facultés Houphoutiennes. Faisons le en lieu et place de parlement et sénat qui ne servent à rien de surcroit.                

De la dissolution de la fesci et autres syndicats : je ne fais point de la fesci la seule cause de l’échec de l’école ivoirienne (elle a autrefois servie de nobles causes), elle n’y est tout de même pas totalement  étrangère. Et il est clair aujourd’hui qu’au lieu d’être une arme de défense des intérêts des étudiants ; elle est plutôt un instrument au service d’intérêt et des hommes politiques, cela en plus des nombreux loubards, nervis et autres délinquants qui se prévalent de son étendard pour commettre des actes inimaginables. La fesci et tous les autres syndicats estudiantins  doivent donc tous simplement être dissouts pour une durée allant d’une à deux années (une fois de plus loin de moi l’idée de renoncer au droit d’association ou de grève), parce que l’intérêt national est à mon avis le nec plus ultra des priorités. Cette mesure doit cependant inclure d’autres moyens permettant aux étudiants de revendiquer de manière plus civique, et les unes ou deux années de trêves syndicales devront permettre aux politiques de mettre de l’ordre aux seins de ce maelstrom syndicale estudiantin.

De la refonte du système éducatif ivoirien : puisque la force d’un grand pays se trouve dan sa capacité à s’adapter aux réalités de son temps, la cote d’ivoire qui se veut un grand pays n’a point le droit d’échapper à cette règle. Nous pouvons à cet effet exploiter la piste du système des étudiants sportifs, nombreux de nos élèves et étudiants pétris de talent rêvent tout en allant à l’école de ressembler à Drogba, Gnegneri, Aruna, Zokora…  Ceux-ci en grand nombre  finissent le plus souvent par abandonner l’école au profit de captieux centres de (de)formation  qui se sont spécialisés dans un nouveau genre de commerce : le trafic  de joueurs (ces centres font beaucoup de victimes dont un grand nombre dans les pays magrébins : nous y reviendrons dans un autre  article). Le sport n’est pas le seul domaine à exploiter : la musique, le théâtre, la comédie en sont aussi plein d’autres qu’on  gagnera  à promouvoir : songeons donc  à  intelligemment les intégrer à notre système éducatif par le truchement de certaines branches spécialisées pour ceux ou celles qui désirent les faire (ils en existent). 

De la revalorisation de l’école : il s’agit de redonner à l’école la place qu’elle  mérite: un temple ou se distille le savoir et aussi un moyens d’ascension sociale. Faisons donc à outrance pourquoi pas son apologie. Cela ne doit pas bien entendu pas être actions vaines.  A nos meilleurs étudiants offrons donc des bourses d’études dans des prestigieuses universités mondiales, offrons leurs des vacances dignes de héros ayant accomplis des taches d’un  intérêt capital, présentons les fièrement dans nos émissions télé créons des emplois pour nos diplômés, balayons la corruption de nos concours (surtout l’ENA),  affriolons nos plus jeunes en leur faisant miroiter  des modèles concrets de réussite social acquise via les études, vantons les bienfaits de l’école et nous verrons  par la suite les résultats…

Ceci dit, à l’année prochaine à la même période pour un nouvel long article et une nouvelle liste de propositions.

 

                                                                                                                       S-A-S

              

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